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Recherche scientifique et développement : Petits pas et grands espoirs…
Dans les quartiers, on se pose même souvent la question triviale de savoir s’il existe des chercheurs au Cameroun. Qu’ont-ils déjà trouvé ? Et quel a été l’impact de leurs travaux sur le quotidien des Camerounais ou pour le développement du pays ? Des questions et d’autres qui prolongent la perplexité de certains observateurs. D’une façon générale, l’opinion ne semble pas très favorable à l’égard de l’intelligentsia camerounaise. Don’t act.
Toutefois, on ne peut sous silence la volonté de certains Camerounais d’ici et d’ailleurs de réfléchir pour trouver des solutions à l’ensemble des problèmes auxquels le monde et le Cameroun peuvent faire face. Et c’est dans ce cadre que la ville de Yaoundé a abrité il y a quelques jours la 2e édition des journées d’Excellence de la recherche scientifique et technique (JERSIC). Des journées pour quoi faire ? Simplement pour valoriser l’apport des scientifiques nationaux dans l’optique d’un développement durable du Cameroun. Davantage, il s’agissait pour le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Minresi) de sortir la recherche de l’ombre et de mettre la science et la technologie au service du développement durable Cameroun. Il s’agit de mettre en exergue des connaissances scientifiques et technologiques dans le but de résoudre les problèmes identifiés dans les secteurs stratégiques pour améliorer le cadre et le niveau de vie des populations et de lutter contre la pauvreté.
Il faut dire que la nécessité d’une telle manifestation s’explique par les enjeux auxquels le monde doit faire face. Par ailleurs, les efforts déployés par les scientifiques camerounais sont restés jusqu’ici peu connus du grand public. Les JERSIC sont donc venus combler un manque. Lancé en 2007, cet événement a préalablement mis l’accent sur la composante locale du Système national de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Les compétences camerounaises hors du territoire national n’ayant pas été prises en compte.
Cette année, cet « oubli » a été rattrapé. Et les JERSIC 2009 ont mis en lumière la contribution de la diaspora camerounaise dans le domaine de science et du développement durable. Les pouvoirs publics ont voulu valoriser l’apport des scientifiques camerounais de l’étranger dans le processus du développement du pays dans des domaines aussi variés que l’énergie, les biotechnologies, les changements climatiques, la sécurité alimentaire, la problématique des migrations et du développement. Difficile en tout cas d’espérer quelque développement ou progrès sans expertise avérée dans ces domaines.
Le rendez-vous de Yaoundé a ainsi permis à des scientifiques camerounais de partager leurs expériences. En outre, il a permis d’impulser une collaboration et un partenariat effectif entre la diaspora scientifique camerounaise et tout acteur privé/public du développement et de créer un cadre favorable d’actions communes pour l’émergence du Cameroun. Chercheurs, observateurs et monsieur tout le monde se sont donc félicités de la tenue des JERSIC. Elles ont également contribué à susciter l’émulation parmi les chercheurs. Car, il s’agit d’un cadre de réflexion et d’échange, de valorisation des résultats de la recherche scientifique, et de promotion du potentiel scientifique et technologique camerounais. Au demeurant divers acteurs locaux ou de la diaspora ont eu la possibilité d’exposer leur savoir et leur savoir-faire dans divers domaines de la science et de la technologie.
Toujours est-il qu’au-delà de la satisfaction suscitée par l’organisation des JERSIC, le flou et l’incertitude demeurent quant au suivi et la matérialisation pratique du fruit des recherches. Cela semble bien être le talon d’Achille dans le domaine. Visiblement le génie et l’inventivité ne font pas défaut aux Camerounais. Mais la science pour la science est assurément vaine. Il faudrait que la recherche se mette au service du développement. Et cela est loin d’être un acquis.
source:quotidienCameroonTribune du 06/11/09








