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40 pièces d’obom exposées au Djeuga
«Le concept que j’ai choisi m’oblige à accepter une certaine conduite. Il faut renouveler sans cesse, il faut réfléchir. Ce qui est beau n’est pas toujours vu. » Ces propos d’Othéo tentent d’expliquer son amour pour l’obom. Le plasticien est l’initiateur du concept « Obom-Art ». Les 40 pièces exposées depuis le 4 novembre dernier dans le hall de l’hôtel Djeuga Palace en témoignent. L’obom. L’artiste présente sa matière de prédilection comme étant le tissu de l’écorce d’arbre, qui servait jadis d’outil de confection pour les vêtements de nos aïeux. « C’est une matière essentiellement utilisée comme une forte base de l’Obom-Art. J’ai commencé la peinture comme tout le monde, avec simplicité, il y a bien des années déjà, en représentant les sujets à l’aide de peinture industrielle. L’utilisation de l’obom relève d’une évolution dans mon expression artistique », dit-il.
Tout au long de sa carrière, Othéo, de son vrai nom Théodore Ondigui Onana, a toujours voulu mettre en relief les caractéristiques esthétiques de ce produit naturel dans des œuvres originales. Le thème de cette exposition est : « Dynamiques, reflets et révolutions de l’Obom-Art ». Dynamiques, pour la multitude des applications de l’obom dans cet art qui passionne l’artiste depuis une quinzaine d’années. Reflets, pour exprimer une projection de l’identité millénaire des Africains. Révolutions, pour l’adaptation sans cesse croissante de cette matière au fil des époques. Des histoires vraies et des légendes en même temps, se confondent dans les pièces exposées. Une série de cette exposition présente également des instruments de musique. Ici, un tableau représentant un tam-tam, « Sonorités du Nkul ». Là, « Les démolisseurs des “Mendzang” », où l’on distingue parfaitement un balafon. Là-bas, le tableau, « Le Mvet », est l’un des plus expressifs, et ne requiert pas tant de réflexion.
Parmi les créations d’Othéo, l’intrigante pièce n°2, « Le clairvoyant ». Elle est une silhouette basée sur la vie quotidienne en Afrique, sur le mysticisme camerounais. « Le clairvoyant chez nous en Afrique c’est le sage, l’artiste intelligent. C’est donc le plus intelligent, le plus habile. Il ne voit pas les obstacles qui l’empêchent d’avancer », confie Othéo, avant d’inviter tous les artistes à suivre cette conduite. Celle de vivre pleinement leur art, sans se préoccuper des difficultés. Ces œuvres ne passent pas inaperçues dans le hall de l’hôtel Djeuga Palace, si bien qu’elles y resteront jusqu’au 8 décembre prochain.
source:quotidienCameroonTribune du 01/12/09








