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Au tribunal : Un témoin s’en prend à un justiciable pour frais de transport impayés
En novembre 2008, Victor D., la quarantaine, porte plainte contre une entreprise de la place et l’affaire est portée devant les tribunaux de Yaoundé. Pour soutenir sa défense, le plaignant fait appel à Ruth K., une de ses anciennes élèves. Comme d’habitude, l’affaire est plusieurs fois appelée, renvoyée et le témoin commence à se lasser. En février dernier, après un énième renvoi, Ruth K. s’approche de Victor D pour réclamer de l’argent de transport, afin de pouvoir se rendre à la prochaine audience.
Seulement, les choses ne se passent pas très bien entre les deux alliés et très vite, une bagarre se déclare au vu de tout le monde, surtout des magistrats. Les deux protagonistes sont donc convoqués devant le procureur de la République. « Quand ils sont arrivés devant moi, le monsieur était essoufflé, avec les yeux rouges. Quant à la dame, elle était comme une tigresse », se souvient-il. D’ailleurs au cours de la rixe, Victor D. a perdu ses vêtements et son téléphone portable. Sans parler des blessures engendrées par une chute dans les escaliers du tribunal. Si Victor D a plaidé coupable pour rixe et trouble dans le service, en dépit des conseils de son avocat, il soupçonne son ancien témoin d’avoir fomenté une alliance contre lui avec ses adversaires. D’ailleurs, malgré ce retournement de situation, Victor D. a gagné la principale affaire qui l’avait conduit devant les instances judiciaires. Mais depuis la bagarre avec son témoin, il continue à fréquenter la salle de débats du tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, au gré des renvois des audiences. Après celle d’hier d’ailleurs, l’affaire a été mise en délibéré pour le 29 mars 2010.
Mais en attendant, le procureur de la république a requis six mois de prison avec sursis pour Victor D, compte tenu de sa bonne tenue, de ses aveux et de l’absence d’antécédents. Quant à Ruth K accusée de rixe, trouble de service et destruction de biens, une peine d’emprisonnement ferme d’un an a été requise, du fait de son agressivité lors de l’enquête et de son absence devant la barre. Pour le procureur, cette attitude démontre le peu d’intérêt que la dame a pour la justice.
source:quotidienCameroonTribune du 01/12/09








