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Le dossier de la contrefaçon ouvert à Douala
Selon des chiffres révélés par des mandataires agréés auprès de l’OAPI (Organisation africaine de la propriété intellectuelle), 70% des anti-paludéens circulant au Cameroun sont des faux. Ils le sont, selon Rose Ngo Ndjock du cabinet Cazenave, du fait de certaines multinationales elles-mêmes qui en sont auteurs, ou à cause de la contrebande qui est très développée. Conséquence de ce phénomène, des médicaments vendus dans des officines sont consommés, mais n’agissent pas sur la santé. L’industrie pharmaceutique n’est pas seule. Le vêtement, le cosmétique, l’alimentation, les boissons…, aucun secteur n’est épargné par la contrefaçon ou la concurrence déloyale par imitation. Plusieurs saisies et procès ont eu lieu, ou ont cours actuellement. On se souvient encore de la contrefaçon des piles Pilcam, ou des allumettes « Le Boxeur ». Coca-Cola serait en procès actuellement au Burkina Faso, alors que dans le domaine des mouchoirs jetables un procès oppose les marques « Oran » à « Sandra », pour des problèmes d’utilisation d’une même étiquette et d’un même graphisme.
Le phénomène cause des pertes qui se chiffrent en milliards et donne des insomnies aux responsables des Douanes et des entreprises, qui voient leurs chiffres d’affaires chuter. Tenez : en 2005, quinze entreprises du Gicam ont connu des pertes sèches au niveau du chiffre d’affaires de l’ordre de 62 milliards de Fcfa ; 850 personnes ont perdu leur emploi et les pertes douanières et fiscales s’élèvent à environ cinq milliards de Fcfa. Volet social, c’est simplement la mort qui rode autour des consommateurs des produits contrefaits. Face à la contrefaçon, les mandataires agréés de l’Oapi, et le Gicam organisent depuis hier à Douala, la première édition du salon de l’association des mandataires agréés, sur le thème on ne peut plus explicite de « la lutte contre la contrefaçon en Afrique centrale et de l’Ouest : état des lieux, stratégies et solutions ».
Le secrétaire exécutif du Gicam, Martin Abéga estime qu’il n’existe pas de solution définitive contre la contrefaçon. « Qu’on amène les Camerounais à une prise de conscience des problèmes que peut créer ce phénomène. Elle tue l’économie, et s’il n’y a pas d’emplois, on peut avoir des problèmes sociaux ». « En Afrique nous sommes plus victimes que bourreau, renchérit Françoise Ekani, présidente de l’association des mandataires agréés auprès de l’OAPI. Parce que plusieurs produits sont déversés sur le continent. Notre objectif est d’apporter notre contribution, notre expertise dans cette lutte quelque peu timide. Nous conseillons, assistons les entreprises quand elles sont en face d’un problème de contrefaçon, dans le cadre des procédures qui peuvent être initiées ».
D’où le besoin de protection des marques auquel appelle le directeur général de l’OAPI, Paulin Edou Edou, lors de sa conférence inaugurale. Pour lui, la propriété intellectuelle permet de mettre le produit sur le marché et « s’il n’y a pas de propriété intellectuelle, il n’y a pas de produit. Il est important d’adopter une stratégie de développement fondée sur la propriété intellectuelle ». D’ailleurs, il existe depuis bientôt deux ans, un fonds d’aide à la promotion de l’innovation et de l’invention qui vient au secours des chercheurs et inventeurs, pour protéger leurs marques. Le salon ainsi ouvert prend fin demain.
source:quotidienCameroonTribune du 01/12/09








