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Après-fêtes : Janvier de tous les soucis
Et dans la grande incertitude des lendemains. Bien sûr, au soir de ce premier mois de l’année, on comptera beaucoup de « survivants », qui ne pourront pas forcément dire comment ils ont fait pour tenir pendant le « mois le plus long ». Mais une chose est claire : le temps qui mène au prochain salaire des travailleurs ou à la prochaine bonne affaire des commerçants et autres hommes d’affaires, va paraître interminable. Incroyablement long pour ceux qui ne se seront pas privés pendant les fêtes.
Et pourquoi même en parler au futur, puisque nous y sommes ? Dans les ménages où les enfants ont repris l’école depuis lundi, les premières difficultés ont été liées à la scolarité. Janvier est généralement le dernier mois de tolérance chez les chefs d’établissements, notamment privés. C’est pourquoi pour beaucoup, l’entrée en salle de classe à la rentrée du deuxième trimestre est conditionnée par la présentation des reçus de paiement de la deuxième tranche des frais de scolarité. Faute d’y avoir pensé à temps, des parents se retrouvent dans l’embarras dès le premier jour.
Un homme averti en vaut bien deux. Mais avec les fêtes de fin d’année, la sagesse a vite fait d’être mise entre parenthèses. Et les mots pour justifier des folies ne manquent pas. « Il faut quand même savoir se faire plaisir » ; « On ne vit qu’une fois »… Des maximes populaires très usitées comme on a pu le voir durant la semaine de fièvre ayant abrité la fête de Noël et le nouvel an. Cadeaux par-ci, victuailles par-là. Avec comme dénominateur commun, des dépenses importantes, inhabituelles et pas toujours programmées. Au nom de la spontanéité, on s’est séparé de sommes importantes sans compter. On s’est donc fait plaisir, on a arraché le sourire et le bonheur de ses enfants, de son conjoint et de tous les autres êtres chers. Entre nous, l’atmosphère des fins d’années ne donne pas toutes les armes pour résister à cette tentation. Disons même qu’elle désarme. La « tradition », l’attrait des supermarchés, restaurants ; la pression muette des enfants et des autres membres de la famille à la maison ; ces salaires payés le 20 décembre juste au moment où surviennent toutes ces sollicitations. Il faut vraiment être un ascète de la pure espèce pour ne pas entendre les sirènes de la « vie ». Mais ce n’est pas la peine de dire au gens d’éviter les excès. Cet avertissement sert généralement à amuser la galerie. Puis vient donc le mois de janvier. Et ces images fortes. Exemple : cette automobiliste qui a découvert avec stupeur que son assurance et son certificat de visite technique avaient expiré depuis le 14 décembre… Elle n’a pas eu la chance de tomber sur un contrôle de police. Les agents se seraient fait un plaisir de le lui rappeler. Mais là voilà prise de court, alors qu’elle avait déjà maille à partir avec le reste des frais de scolarité des enfants. Le salaire de janvier, c’est aussi les charges fixes. Loyer, nourriture, santé, entretien de la maison et de la voiture. A propos, la vignette automobile, c’est pour bientôt… Dans ce contexte, les « secouristes » ne sont jamais loin. Usuriers attentionnés et discrets au moment de prêter, impitoyables à l’heure du recouvrement ; banquiers prompts à proposer un « découvert » et autres amis disposés à prêter avec un taux d’intérêt « amical »… Difficile de résister quand les temps sont durs et que les jours s’écoulent à une vitesse de tortue. Mais apparemment pas au point de rendre les gens plus sages. On en reparle l’année prochaine. En attendant, comptons les jours jusqu’au 31 janvier. Nous avons le temps !
source:quotidienCameroonTribune du 06/01/10








